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9 & 10 juin Le toit des Pyrénées

12 Juin 2013 , Rédigé par Jacky Publié dans #Saison 2013

aneto 5 

Petite charade :

Mon premier débute l'alphabet....

Mon second trône au milieu du visage....

Mon troisième est le contraire de tard....

Mon tout perturbe le sommeil de 5 copains et agace nos épouses depuis plusieurs mois.

Celles et ceux qui nous côtoient régulièrement ont trouvé facilement la réponse : ANETO

Il est 9h00 ce dimanche 9 juin, le moral est un peu bas vu l'état du ciel. Direction la vallée Espagnole de Bénasque. A Hêches nous prenons Pascal, qui sera notre guide pendant ces 2 jours, puis à Arreau, c'est Louis qui rejoint le groupe. Pendant le trajet nous nous disons que le soleil va faire son apparition à la sortie du tunnel de Bielsa. Que nenni, les 180 km sont alternance de pluie et crachin. Arrivés à hauteur de l'hôtel de Bénasque, la route qui conduit au parking de La Besurta est obstruée par une importante couche de neige. Les engins de déneigement sont stationnés à quelques mètres mais les Espagnols ne jugent pas utile de dégager ce tronçon avant le 15 juin, date à laquelle les navettes payantes sont obligatoires. Après le casse-croûte pris sur le parking de l'hôtel, nous nous dirigeons vers le refuge de La Rencluse distant de 5,4 km. Une grande partie du parcours est dans une neige épaisse et molle et il nous faudra 2h15 pour arriver sur place. Nous ne serons pas gênés, nous sommes 8 Français et 5 Espagnols à occuper ce refuge grand luxe. Dortoirs de 6 places équipés chacun de douche, lavabo et WC. A 19h30, tout le monde à table. Au menu, soupe de lentilles (excellente), rôti de porc, purée et flanc. 20h30, au lit et concours de ronflette. Il paraît que j'ai gagné (mais on juge toujours les autres par soi même......).

5h00, il est l'heure de se lever, ranger, s'équiper, et avaler un très modeste petit déjeuner. 6h00, la montée commence dans un épais brouillard très humide, on n'y voit absolument rien. Dès le départ nous sommes dans une neige épaisse et molle alors que normalement, le début du parcours s'effectue sur des rochers. Le brouillard est de plus en plus épais, nous marchons depuis 3 heures, nous n'y voyons rien, le moral baisse. De temps à autre, le soleil semble vouloir percer, Pascal a du mal à trouver ses repères. Nous traversons un passage très dangereux par son inclinaison et la tension monte. Encore une heure de cette galère et nous atteignons enfin Le Portillon supérieur fortement enneigé, ce qui rend son passage très délicat. Il fait froid, nous nous calons contre la paroi pour manger une barre, les visages sont tendus, l'envie de faire demi-tour nous effleure. Vers 10h00, le dieu des montagnards prend pitié de nous, nous ne sommes pas venus jusqu'ici pour rien, un vent violent pousse les nuages et en quelques secondes, face à nous, apparaît le seigneur des lieux trônant au milieu de son immense glacier. Le moral est à son comble et Pascal suivi de près par Gaby nous ouvre le chemin dans une neige immaculée, nous sommes les premiers à tracer la neige fraîche. L'épaisseur étant importante, nous ne pouvons pas chausser les crampons ce qui rend la progression plus difficile par moment, mais qu'importe, l'objectif est en vue. Des randonneurs à ski nous dépassent et nous montrent la voie à suivre. 12h30, nous sommes au pied du géant, il reste 4 ou 5 longs lacets très pentus pour atteindre le toit de la chaîne. 13h30, cela fait 7h30 que nous progressons et nous sommes à un jet de pierre de l'immense croix à moitié recouverte de neige et de glace. Le Pont de Mahomet, entièrement recouvert de glace est infranchissable en ce moment et le guide en interdit le passage. Le panorama est identique sur cet avant sommet. Autour de nous une multitude de 3000 et je n'ai malheureusement pas le talent littéraire pour décrire la majesté du lieu. On y est, On l'a eu, NOTRE ANETO....

Pendant une bonne demi heure nous profitons pleinement de notre privilège, nous ne sommes que 6 alors qu'en temps normal entre 50 et 70 personnes se disputent l'emplacement. Nous sommes rejoints par 2 Espagnols, tout contents d'avoir profité de notre trace. 14h00, nous entamons la descente "tout droit" avec parfois de la neige jusqu'au ventre, en direction du trou du toro. C’est Norbert Casteret qui le premier a découvert la source de la Garonne, il aurait mis des colorants qui sont réapparus vers Bossost. Encore un long cheminement et nous arrivons au parking à 19h00. Nous avons parcouru 18 km en 13 heures, à 90% dans la neige profonde, 1415 m de dénivelé positif, 1710 m de dénivelé négatif. A l'arrivée, le doyen du groupe me souffle à l'oreille, "je suis content d'être arrivé, je commence à être fatigué" et bien moi je dis Chapeau bas, Louis, respect. Après avoir enfilé des vêtements secs et rangé les sacs, le petit bruit sec d'un bouchon de champagne qui saute retentit sur le parking presque désert de l'hôtel de Bénasque, nous trinquons à notre réussite en remerciant Pascal, notre sympathique guide. Il nous reste 3h00 de route pour regagner nos foyers et DORMIR.

Jacky

Photos : http://www.section-montagne-slv-lannemezan.fr/album-2166434.html

  

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Y

Un trés grand Bravo  à nos 5 copains de la montagne . c'est grandiose ce que vous avez fait vous êtes de grands champions.chapeau bas à vous . Félicitations à vous 5 et un grand
merci pour ces belles photos.Bravo, Bravo,Bravo....et quel courage !!!!
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